Si vous cotez encore mentalement en « AMS 7,5 », il faut mettre à jour vos réflexes : ces lettres-clés ont disparu de la nomenclature. L’avenant 7 à la convention nationale a remplacé une nomenclature générique par une nomenclature descriptive, organisée par pathologie et par région du corps. Le changement est profond, et il ne se limite pas à un jeu de correspondances.

Voici ce qui a changé, ce qu’il faut retenir au quotidien, et où se situent les erreurs de facturation les plus coûteuses.

Le principe : lettre-clé + coefficient

La logique de fond n’a pas bougé. Un acte de kinésithérapie se cote toujours avec deux éléments :

  • une lettre-clé, qui porte une valeur monétaire ;
  • un coefficient, qui reflète la nature et la complexité de l’acte.

Le montant de l’acte est le produit des deux. Ce qui a changé, c’est la richesse de ces deux composantes.

La valeur de la lettre-clé

En métropole, la lettre-clé vaut 2,21 € depuis le 22 février 2024, date d’entrée en vigueur de la revalorisation de 3 % prévue par l’avenant 7. Les départements d’outre-mer appliquent une valeur supérieure.

Cette valeur unique s’applique aussi bien à l’AMK qu’aux lettres-clés de la nomenclature redécrite.

Le coefficient devient un identifiant

C’est la nouveauté qui déstabilise le plus. Dans la nomenclature redécrite, le coefficient s’exprime avec deux décimales et sert d’identifiant de l’acte. Un coefficient à 9,79 n’est pas un arrondi approximatif : c’est la signature d’un acte précis, distinct de celui coté 9,81.

Conséquence pratique : on ne « choisit » plus un coefficient, on sélectionne un libellé d’acte qui porte le sien.

Les 20 nouvelles lettres-clés

L’avenant 7 a créé 20 lettres-clés, qui structurent environ 80 libellés d’actes. Leur logique est double : classer par région du corps ou par famille pathologique, et distinguer, quand c’est pertinent, une prise en charge post-opératoire d’une prise en charge hors contexte chirurgical.

Lettre-cléChamp couvert
RAM / RAORachis, non opéré / opéré
RIM / RICMembre inférieur soumis à référentiel, non opéré / opéré
VIM / VICMembre inférieur, non opéré / opéré
RSM / RSCMembre supérieur, non opéré / opéré
VSM / VSCMembre supérieur, non opéré / opéré
TERRééducation d’au moins deux territoires lésés
APMRééducation après amputation
ARLAffections respiratoires, maxillo-faciales et ORL
DRADéviation du rachis
NMIAffections neuromusculaires et rhumatismales inflammatoires
RABRééducation abdominale et périnéo-sphinctérienne
RAVAffections vasculaires
RPBPatients brûlés
RPERééducation de la déambulation du sujet âgé
PLLSoins palliatifs

Les sigles ont été construits pour être mnémoniques : la lettre initiale renvoie souvent au type de rééducation, les suivantes à la zone ou au contexte.

Ce qui reste en AMK

L’AMK n’a pas disparu. Elle est maintenue pour deux usages précis :

  • les actes diagnostiques du chapitre I du titre XIV de la NGAP — bilans isolés et bilans diagnostics kinésithérapiques ;
  • les suppléments de balnéothérapie du chapitre IV.

Autrement dit : votre BDK se cote toujours en AMK, votre séance de rééducation non.

Les revalorisations récentes

Le calendrier de revalorisation issu de l’avenant 7 s’est étalé sur plusieurs années, avec des ajustements successifs. Deux échéances méritent votre attention.

Janvier 2026 : balnéothérapie et actes ex-AMS 7,5

Les suppléments de kinébalnéothérapie ont été nettement revalorisés au 1er janvier 2026, avec des coefficients qui ont plus que doublé pour certains d’entre eux. L’objectif affiché est de compenser les charges réelles liées à ces équipements, afin que les cabinets qui en disposent puissent continuer à proposer ces prises en charge — particulièrement utiles en orthopédie.

Mai 2026 : l’avenant 8

L’avenant 8, conclu le 28 novembre 2025 et publié au Journal officiel du 19 décembre 2025, a avancé au 28 mai 2026 des revalorisations initialement prévues plus tard. Trois cotations gagnent 0,3 point de coefficient :

ActeAncienne cotationNouvelle cotation
Rééducation d’au moins 2 territoires lésés, sans chirurgieTER 9,49TER 9,79
Rééducation d’au moins 2 territoires lésés, avec chirurgie sur au moins un territoireTER 9,51TER 9,81
Rééducation après amputation d’au moins 2 membresAPM 9,50APM 9,80

Attention à la définition du multi-territoire : sont exclus les cas de deux territoires ou plus du même membre, et de deux territoires ou plus du rachis.

L’avenant 8 a par ailleurs apporté des ajustements techniques aux indemnités forfaitaires de déplacement spécifiques.

Les trois erreurs qui coûtent le plus cher

1. Un logiciel qui n’a pas été mis à jour

C’est le point critique. Un coefficient à deux décimales qui n’a pas été actualisé, et vous facturez à l’ancien tarif — sans vous en rendre compte, séance après séance. À chaque échéance conventionnelle, vérifiez que votre éditeur a bien déployé les nouveaux coefficients avant de facturer, plutôt que de le découvrir sur un rejet ou un différentiel de paiement.

2. Coter par habitude plutôt que par libellé

L’ancienne nomenclature laissait une marge d’interprétation ; la nouvelle est descriptive. La bonne pratique consiste à chercher le libellé qui décrit exactement la situation clinique — zone, contexte opératoire ou non, référentiel applicable — et à laisser le coefficient venir avec.

Les distinctions « opéré / non opéré » sont particulièrement structurantes : elles conditionnent la lettre-clé elle-même, pas seulement le coefficient.

3. Oublier que le télésoin compte

Les actes réalisés à distance se facturent avec le code TMK, affecté des mêmes coefficients que l’acte présentiel auquel ils se substituent. Et ils entrent dans le décompte des seuils d’accord préalable pour les rééducations soumises à référentiel. Une séance en vidéo n’est pas une séance « hors comptage ».

Et la téléexpertise ?

Souvent oubliée, elle est pourtant facturable. Le masseur-kinésithérapeute peut solliciter l’avis d’un professionnel médical à distance : l’acte de demande de téléexpertise se facture avec la lettre-clé traçante RQD, pour une valorisation de 10 €, dans la limite de 2 actes par an et par patient. Le patient doit être informé et avoir donné son consentement.

Questions fréquentes

Les lettres-clés AMS et AMC existent-elles encore ? Non. Elles ont été remplacées par les lettres-clés de la nomenclature redécrite. Seule l’AMK subsiste, pour les bilans et les suppléments de balnéothérapie.

Combien vaut la lettre-clé aujourd’hui ? 2,21 € en métropole depuis le 22 février 2024. La valeur est supérieure outre-mer.

Pourquoi les coefficients ont-ils deux décimales ? Parce que le coefficient sert désormais d’identifiant de l’acte. Deux actes proches se distinguent par leur deuxième décimale.

Où trouver la version officielle de la NGAP ? Sur ameli.fr, rubrique « Nomenclatures et codage » de l’espace masseur-kinésithérapeute. C’est la seule référence opposable.

Facturer sans arrière-pensée

Une cotation juste dépend d’abord d’un logiciel à jour des évolutions conventionnelles. C’est aussi ce qui conditionne l’accès au forfait d’aide à la modernisation et à l’informatisation du cabinet.

Sources

Article mis à jour en août 2026. La nomenclature évolue : la version opposable est celle publiée sur ameli.fr.

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